[i56i]                                                DE LA VILLE DE PARIS.                                                     91
CXL.
Assemblée pour le faict de la religion.
2 mai i56i. (Fol. 91 v°.)
En l'Assemblée le jour d'uy tenue en l'Hostel de la ville de Paris de Mess" les Prevost des Marchans, Conseillers, Cinquanteniers et Dixiniers de lad. Ville, pour oyr la lecture des lettres du Roy et de la Royne Mere, portant creance sur le Roy de Navarre, qui les a apportées, et donner avis sur icelles, en laquelle se sont trouvez, assavoir:
Monsrle Prevost des Marchans, de Marié;
Monsr Hac, monsr Sanguyn, mons' Aubery, monsr Godeffroy, Eschevins;
Mons' Hennequin, mons' de Charmeau, monsr de Villabry, mons' de Chamboursy, mons' d'Athis, sire Jehan Croquet, sire Pierre Croquet, mons' Perrot, Conseillers.
Sire Nicolas Paulmier, sire Jehan de S' Germain, Oudin Petit, Pierre Perlan, Mathurin Cousinot,
Guillaume Parfaict, Quarteniers de lad. Ville, et leurs Cinquanteniers et Dixiniers.
A esté conclud et advisé que, pour eviter aux sé­ditions populaires, il fault faire deffenses à toutes personnes, de quelque qualité qu'il soit, de ne faire conventiculles ne assemblées particulieres pour quel­que occasion que ce soit en ceste Ville ne es faulx­bourgs, et de porter armes, ne faire prédications de nouvelles doctrines, mais que la parolle de Dieu soit preschée es eglises et parroisses de lad. Ville par gens doctes, ayans faict profession es sainctes lettres, sur peyne d'estre attains et convaincuz de crime de leze Majesté; et soit enjoinct aux juges ordinaires de y tenir la main, et pugnir corporellement les infrac­teurs et contrevenans à l'ordonnance qui en a esté et pourra estre faicte, sommairement et sur le champ sans figure de procès O.
CXL1. — Pour les Estatz.
i3 mai i56i. (Fol. 92 v°.)
Du mardi, xni" May mil vc lxi. Au jour d'uy, ont esté apportées les lettres du Roy, dont la teneur ensuit :
11 mai.
De par le Roy.
"Tréschers et bien amez, ayant sçeu les menées qui furent faictes aux Estatz dernierement tenuz en nostre ville de Paris, qui ne tendoient que à remuer et troubler beaucoup de choses au dommage du publiq et du bien de nostre service, nous feusmes meuz par bon et meur avis indire de nouveau l'assemblée desd. Estatz au xxvede ce moys, qui de-
puis a esté remise au xxvin'. Et pour ce que nous venons d'estre advêrtiz que, pour la contention et différend qui est entre le Prevost de Paris et vous, Prevost des Marchans, sur l'auctorité et prehemi-nence de faire lad. Assemblée, plusieurs notables per­sonnages du Tiers Estat feroient difficulté de s'i trou­ver, en danger d'y voir le mesme desordre et confu­sion qui a esté en lad. premiere assemblée; à ceste cause desirans y pourvoir au myeulx qu'il nous sera possible,'nous escripvons aux gens de nostre court de Parlement'2' qu'ilz ayent à depputer deux presi­dens pour présider en lad. Assemblée, y faire la pro-
C Deste 26 avril, le Parlement, r pour obvier à tous scandales, séditions et commotions populaires, fit inhibitions el defences à toutes personnes, de quelque qualité et condition qu'ilz fussent, de faire conventicules el assemblées, ou porter armes, ou proceder par voye de faict au Préaux Clercs, ou aultres lieux et endroitz, sur peine d'estre declarez crimineux de leze Majesté». Cette ordonnance fut publiée à son de trompe le jour même dans les carrefours de Paris, et renouvelée le 28 avril, avec interdiction au peuple de diriger de nouvelles attaques contre la maison du sr de Longjumeau. Le 29 avril, Charles IX envoya l'un de ses gentilshommes, Jacques de Montberon, s' d'Ausance, porteur de lettres à l'adresse du Parlement, pour découvrir et châtier les auteurs des derniere troubles, fomentés, à ce qu'on disait, par de faux cordeliers cachés dans les couvents et collèges de la capitale; l'instruction de l'émeute du Pré-aux-Clercs fut confiée aux officiers du Châtelet. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" 15g7, fol. 56 r°, 76-77.)
<2' Les lettres du Roi à l'adresse du Parlement sont de la même date et à peu près conçues dans les mêmes termes; elles furent remises le i3 mai par Nicole Luillier, lieutenant civil de la Prévôté de Paris. Sur le désir exprimé par le Roi, la Cour délégua pour présider les Etats de la Prévôté de Paris deux de ses présidents, Christophe de Thou et Pierre Seguier, spécialement désignés par l'autorité royale, ainsi que quatre conseillers de la Grand'Chambre, savoir : Jacques Verjus, Guillaume Violle, Louis Gayant et Robert Bouete, auxquels devaient s'adjoindre quatre des plus anciens conseillers de la chambre du Conscil, avec un président et l'un des plus anciens conseillers dans chacune des chambres des Enquêtes. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1' 1597, fol. »5o v°).